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La génoise aux Pennes-Mirabeau (13170) : le débord qui prend l’eau

29 septembre 2026Castagne Couverture
Génoise à deux rangs sous le débord de toit d’une villa provençale à l’enduit clair repris — Castagne Couverture

On la trouve sur presque toutes les maisons anciennes de la région, et sur une bonne partie des villas d’après-guerre : ces deux ou trois rangs de tuiles canal qui dépassent en escalier sous le bord du toit. On l’appelle une génoise, on la prend pour un détail d’architecture, et on ne la regarde jamais — jusqu’au jour où l’enduit se met à noircir juste en dessous.

La génoise n’est pas une décoration. C’est le débord de toit lui-même : l’ouvrage qui éloigne l’eau du nu de la façade. Quand elle se dégrade, ce n’est pas l’esthétique qui part en premier, c’est la fonction.

À quoi sert vraiment une génoise

Une génoise est faite de tuiles canal empilées en encorbellement, chaque rang avançant un peu plus que le précédent, le tout hourdé au mortier et enduit sur les faces visibles. Elle remplit trois rôles en même temps, et c’est ce qui la rend fragile : un seul ouvrage, trois contraintes.

  • Elle éloigne l’eau — l’égout de la couverture se trouve au-delà du mur, donc le ruissellement et les gouttes ne touchent pas l’enduit.
  • Elle reçoit la gouttière — sur beaucoup de maisons, c’est dans la génoise ou sur son nez que sont ancrées les fixations du chéneau. Une génoise qui s’effrite lâche la zinguerie avec elle.
  • Elle ferme la couverture — le premier rang de tuiles prend appui dessus. Un nez de génoise qui bouge, ce sont les tuiles d’égout qui bougent.

Aux Pennes-Mirabeau (13170), deux générations, deux problèmes

La commune est faite de morceaux d’époques différentes, et la génoise n’y vieillit pas de la même façon d’un quartier à l’autre. Dans le vieux village et les noyaux anciens, les génoises sont d’origine, montées au mortier de chaux, sur des maisons qui se touchent. Le mortier y est tendre par construction : il travaille, il se dégarnit lentement, il se répare aussi facilement — à condition d’y revenir régulièrement, ce que personne ne fait.

Dans les lotissements des années 1960 à 1980, au pied de la chaîne de la Nerthe comme à La Gavotte ou aux Cadeneaux, la génoise a été montée au ciment et enduite d’un mortier dur. Elle ne bouge pas, elle ne se dégarnit pas doucement : elle fissure d’un coup, sur toute la longueur, et l’eau s’engouffre dans la fissure. C’est le même ouvrage, avec deux comportements opposés — et deux façons de le reprendre.

ℹ️ Un indice qui ne trompe pas : des morceaux de mortier au sol, le long du mur, après une grosse pluie ou un coup de vent. Ce n’est presque jamais une tuile qui les a lâchés, c’est la génoise.

Les trois désordres, du plus bénin au plus sérieux

Ce qu’on voitCe qui se passeCe que ça devient si on attend
Le mortier se dégarnit entre les rangsLes joints s’ouvrent, la pluie entre dans l’épaisseurLes tuiles de la génoise se descellent une à une
Une bande noire sur l’enduit, sous le débordL’eau ne tombe plus au-delà du mur, elle coule dessusL’enduit cloque, sonne creux, puis tombe par plaques
Un nez de génoise fendu ou affaisséL’encorbellement ne porte plus ; la zinguerie tire dessusChute de matériaux, et tuiles d’égout qui décrochent

Le troisième stade est le seul qui présente un risque pour les personnes. Une génoise dont le nez s’affaisse au-dessus d’un trottoir, d’une entrée ou d’une terrasse n’attend pas le devis : on met la zone hors d’atteinte avant de discuter du reste.

Réparer, refaire, ou déposer : comment on tranche

La question se pose à chaque chantier, et la réponse ne dépend pas de l’aspect mais de ce qui reste de sain dans l’ouvrage. On sonde au marteau sur toute la longueur : là où ça résonne plein, la génoise porte encore ; là où ça sonne creux, l’intérieur est désolidarisé, quelle que soit l’allure de la surface.

  • Reprise ponctuelle — quand les tuiles tiennent et que seuls les joints sont ouverts. On dégarnit ce qui ne tient plus, on rejointoie au mortier compatible avec l’existant, on refait l’enduit de la sous-face.
  • Réfection partielle — quand un tronçon est descellé mais que le reste porte. On dépose le tronçon jusqu’au sain, on remonte les rangs à l’identique, on raccorde.
  • Réfection complète — quand le nez est affaissé ou que la sous-face sonne creux partout. Elle implique de déposer le premier rang de tuiles de la couverture, donc elle se cale avec une réfection de toiture quand la couverture est elle-même en fin de vie.
⚠️ Ce qu’il ne faut pas faire : recouvrir une génoise dégarnie d’un enduit de façade moderne, étanche et rigide. Il ferme l’ouvrage au lieu de le réparer, l’humidité reste piégée à l’intérieur, et le nez lâche deux ou trois hivers plus tard — avec l’enduit neuf par-dessus.

Pourquoi la génoise se traite avec la façade, jamais à part

Une génoise est à cheval sur deux métiers : elle appartient à la couverture par le haut et à la façade par le bas. C’est ce qui explique qu’elle passe si souvent entre les mailles — le couvreur s’arrête au premier rang de tuiles, le façadier s’arrête sous le débord, et personne ne reprend ce qu’il y a entre les deux.

En pratique, une reprise de génoise se cale donc avec le ravalement de façade : l’échafaudage est monté une fois, les enduits se raccordent sans reprise visible, et la zinguerie est redéposée et reposée proprement au lieu d’être contournée. Faire les trois séparément coûte deux échafaudages de plus et laisse toujours une jonction qui se voit.

Pour faire sonder une génoise aux Pennes-Mirabeau ou dans les communes voisines, et savoir laquelle des trois reprises s’applique chez vous, écrivez-nous depuis la page contact.

Questions fréquentes

À quoi sert une génoise sur une maison provençale ?

La génoise n’est pas une décoration. C’est le débord de toit lui-même : l’ouvrage qui éloigne l’eau du nu de la façade. Quand elle se dégrade, ce n’est pas l’esthétique qui part en premier, c’est la fonction.

Comment savoir si ma génoise est abîmée ?

Un indice qui ne trompe pas : des morceaux de mortier au sol, le long du mur, après une grosse pluie ou un coup de vent. Ce n’est presque jamais une tuile qui les a lâchés, c’est la génoise.

Peut-on simplement enduire une génoise dégarnie ?

Ce qu’il ne faut pas faire : recouvrir une génoise dégarnie d’un enduit de façade moderne, étanche et rigide. Il ferme l’ouvrage au lieu de le réparer, l’humidité reste piégée à l’intérieur, et le nez lâche deux ou trois hivers plus tard — avec l’enduit neuf par-dessus.

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